Jouer avec l’encre de Chine et le brou de noix, comme on apprivoise une matière vivante. Poser sur le papier des touches minuscules, presque imperceptibles, des semis patients. Les couleurs se fondent ou se tiennent à distance, se frôlent, se séparent, fusionnent. La feuille se couvre lentement de constellations, d’arabesques, de lignes errantes.

Le geste s’efface, le temps s’étire.

Lorsque la surface est saturée, le regard prend le relais. Il dérive, attend, reconnaît. Les jus délicats glissent autour des formes, creusent des clairières de blanc, aiguisent les contrastes. De cette lente alchimie surgissent des présences étonnantes.

Des personnages étranges apparaissent, révélés par le hasard et la patience.